Une activité en demi-teinte mais résiliente
Selon le 16e baromètre du financement des ETI, réalisé par la Banque Palatine et le METI en avril 2025, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises font preuve d’une remarquable capacité d’adaptation dans un contexte économique tendu. Si plus d’un tiers des ETI constatent une baisse de chiffre d’affaires au premier trimestre 2025 par rapport à 2024, la situation reste globalement stable par rapport au précédent baromètre de janvier. Toutefois, l’inquiétude persiste : 54 % des dirigeants jugent leur carnet de commandes moins rempli qu’un an auparavant, et 56,4 % estiment que leur secteur s’est dégradé.
Une situation financière contrastée

Côté financement, la trésorerie des ETI s’est légèrement améliorée. 20,5 % signalent une dégradation de leur trésorerie, contre 38,2 % en janvier. Mais cette embellie est à nuancer : 25,6 % constatent une augmentation de leur endettement net, en hausse par rapport à janvier.
Malgré ces tensions, la relation avec les banques reste solide : 81,1 % des demandes de financement obtiennent une réponse favorable, et 79 % des ETI ne rencontrent aucune difficulté à rembourser leurs dettes.
Croissance et investissements sous contrainte
Les ETI affichent leur volonté de rebondir. 72 % prévoient des projets de croissance organique en 2025, principalement en France (près de 90 %), avec une part croissante d’autofinancement. De plus, 60 % envisagent une croissance externe, une nette progression par rapport aux 47 % de janvier.

La baisse des taux d’intérêts de la BCE n’a pas encore eu un impact significatif sur les prévisions de projets d’investissements des ETI, en raison de l’incertitude dans laquelle elles opèrent.
Pourtant, cette dynamique pourrait être freinée par les tensions internationales : 27,5 % des ETI sont concernées par les nouvelles mesures douanières américaines et 65 % redoutent un impact négatif sur leur chiffre d’affaires si ces barrières persistaient.
Des arbitrages sociaux difficiles
Les décisions budgétaires pour 2025 affectent directement l’emploi : 31 % des ETI envisagent de réduire leur masse salariale et près de 2 sur 3 ont réduit ou envisagent de réduire les recrutements d’apprentis suite à la baisse des aides publiques.
Un marché sous tension capitalistique
Le baromètre révèle une montée des opérations capitalistiques : 1 ETI sur 2 a été approchée pour un rachat ou une entrée au capital depuis le début de l’année, principalement par des fonds d’investissement. Ces chiffres traduisent une attractivité renforcée des ETI, malgré une conjoncture incertaine.
Conclusion : des ETI vigilantes mais combatives
Comme le souligne Nathalie Bulckaert-Grégoire, directrice générale déléguée de la Banque Palatine, les ETI restent résilientes : elles continuent d’investir tout en restant prudentes face aux chocs extérieurs. Frédéric Coirier, co-président du METI, appelle quant à lui à une amélioration rapide de l’environnement économique en France pour ne pas fragiliser davantage la compétitivité des ETI.
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