Qu’est-ce qu’une ETI ? Définition, critères et chiffres
Les entreprises de taille intermédiaire se situent entre les PME et les grands groupes. Voici les critères officiels, la façon de les appliquer à un groupe, et ce qui distingue une ETI indépendante.
Mis à jour le 4 novembre 2026Une entreprise de taille intermédiaire (ETI) emploie de 250 à 4 999 salariés, avec un chiffre d’affaires d’au plus 1,5 milliard d’euros ou un total de bilan d’au plus 2 milliards d’euros. Une entreprise de moins de 250 salariés est aussi une ETI si son chiffre d’affaires dépasse 50 M€ et son bilan 43 M€.
Catégorie créée par la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008, critères fixés par le décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008. Les seuils s’appliquent au groupe, pas à chaque société. L’Insee compte 7 442 ETI en 2023 : 0,1 % des entreprises, 26 % des salariés.
Critères d’une ETI : les seuils PME, ETI et grande entreprise
Une ETI est une entreprise qui n’est pas une PME, emploie moins de 5 000 personnes et réalise au plus 1,5 Md€ de chiffre d’affaires ou 2 Md€ de total de bilan. Le décret de 2008 range chaque entreprise dans une des quatre catégories d’après ces trois mesures.
| Catégorie | Effectif | Chiffre d’affaires | Total de bilan | |
|---|---|---|---|---|
| Microentreprise | moins de 10 | ≤ 2 M€ | ou | ≤ 2 M€ |
| PME | moins de 250 | ≤ 50 M€ | ou | ≤ 43 M€ |
| ETI | moins de 5 000 (et pas une PME) | ≤ 1,5 Md€ | ou | ≤ 2 Md€ |
| Grande entreprise | 5 000 ou plus | ou chiffre d’affaires > 1,5 Md€ et bilan > 2 Md€ | ||
Source : décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008, pris en application de l’article 51 de la loi n° 2008-776 du 4 août 2008 (Légifrance) ; définition de l’Insee.
Une société de 180 salariés qui réalise 90 M€ de chiffre d’affaires avec un bilan de 60 M€ n’est pas une PME : elle dépasse les deux seuils financiers. C’est une ETI.
Pour rester une ETI, il suffit de respecter un des deux plafonds. Un groupe de 1,8 Md€ de chiffre d’affaires reste une ETI si son bilan ne dépasse pas 2 Md€ et qu’il emploie moins de 5 000 personnes.
Comment savoir si une entreprise est une ETI ?
Une entreprise est une ETI si son groupe compte moins de 5 000 salariés, n’est pas une PME et reste sous l’un des deux plafonds : 1,5 Md€ de chiffre d’affaires ou 2 Md€ de bilan. Saisissez les chiffres consolidés du groupe pour le vérifier.
Combien y a-t-il d’ETI en France ? 7 442 en 2023
L’Insee dénombre 7 442 ETI en France en 2023 : 0,1 % des entreprises, mais 26 % des salariés et 26 % de la valeur ajoutée.
Sources : Insee, « L’essentiel sur… les entreprises » (nombre d’ETI, salariés, valeur ajoutée, emplois créés) ; Insee Analyses n° 115 (export) ; évolution calculée d’après les éditions 2022 et 2023 de Les entreprises en France.
Le nombre d’ETI selon l’Insee
Sources : Insee, Les entreprises en France, fiches ETI des éditions 2022 (2019 et 2020) et 2023 (2021) ; « L’essentiel sur… les entreprises » et Insee Analyses n° 115 (2023). ETI au sens économique, champ marchand non agricole et non financier ; 2022 n’est pas reprise ici.
Répartition des ETI par secteur, taille et région
Un tiers des ETI relèvent de l’industrie et de la construction, la moitié réalisent plus de 100 M€ de chiffre d’affaires et la moitié ont leur siège en Île-de-France ou en Auvergne-Rhône-Alpes, d’après la cartographie des ETI du METI et de Mawenzi Partners, qui a recensé 5 400 ETI groupe par groupe.
Par secteur
Par chiffre d’affaires
Par effectif
Par actionnaire
Parmi les ETI à capitaux français : 52 % ont un actionnariat familial majoritaire, 18 % un actionnariat familial minoritaire, 30 % aucun actionnaire familial.
Par région du siège
Plus de 45 % des ETI du Grand Est, de Bourgogne-Franche-Comté et des Pays de la Loire sont industrielles, contre 19 % en Île-de-France.
Par âge
Source : METI et Mawenzi Partners, Cartographie des ETI en France, janvier 2021, pages 3 à 8 (registres du commerce, BvD Orbis, Insee ; données 2018-2019, en nombre d’ETI, filiales de groupes étrangers comprises).
Combien de nouvelles ETI chaque année ?
Entre 6 % et 14 % des ETI sont chaque année de nouvelles entrantes, issues pour la plupart des PME, et entre 4 % et 11 % quittent la catégorie, le plus souvent pour redevenir des PME, selon France Stratégie.
Source : France Stratégie, « Les ETI, fer de lance de l’économie française », Note d’analyse n° 152, avril 2025 (calculs sur les unités légales).
Le capital bouge aussi. D’après le baromètre Palatine-METI d’octobre 2026, plus d’une ETI sur deux a été approchée pour un rachat ou une entrée au capital depuis début 2026, dont 70 % par des fonds étrangers, et 45,9 % envisagent une recomposition de leur capital d’ici deux à trois ans.
Une liste d’ETI vieillit donc vite : des entreprises y entrent, d’autres en sortent, changent d’actionnaire ou de dirigeants. C’est ce qu’Etilist suit, semaine après semaine.
ETI indépendantes : ce qu’on observe chez Etilist
Depuis janvier 2026, Etilist a repéré et vérifié au moins 95 nominations au comité de direction des ETI indépendantes qu’il suit, dont 25 nouveaux directeurs généraux, et plus de 40 acquisitions.
Source : base Etilist au 4 novembre 2026. Chaque mouvement est vérifié à la main sur une source officielle (BODACC, registre national des entreprises) ou sur le site de l’entreprise. Les chiffres sont des minimums, arrondis, mis à jour chaque mois.
Qu’est-ce qu’une ETI indépendante ?
Une ETI indépendante est une tête de groupe : elle décide elle-même de sa stratégie, de ses recrutements de direction et de ses achats. Ce n’est pas la filiale d’un groupe plus grand, français ou étranger.
Indépendante
- Groupe familial ou détenu par ses dirigeants
- Groupe accompagné par un fonds d’investissement, sans autre groupe au-dessus
- Groupe coté sans actionnaire industriel de contrôle
- Coopérative, détenue par ses membres
Pas indépendante
- Filiale d’un groupe qui exploite lui-même une activité, en France ou à l’étranger
- Entreprise publique, société d’économie mixte, association
- Membre d’un réseau qui décide pour elle
- Holding ou véhicule d’investissement, sans activité propre
La différence est concrète. Une ETI indépendante a un comité de direction complet (DG, directeur financier, DRH, directeur industriel…) et ses décisions se prennent au siège, souvent chez le dirigeant lui-même. Dans une filiale, une partie de ces décisions se prend ailleurs.
Ce centre de décision n’est pas acquis : en octobre 2026, 56,5 % des ETI interrogées par Palatine et le METI n’excluaient plus de transférer leur siège et leur direction à l’étranger. C’est la première fois qu’elles sont majoritaires à l’envisager (baromètre Palatine-METI n° 21, page 6).
ETI : les seuils s’appliquent au groupe, pas au SIREN
Les seuils d’une ETI se calculent au niveau du groupe : on additionne les effectifs, le chiffre d’affaires et le bilan de la société et de ses filiales, car le décret de 2008 compte l’entreprise au sens économique, pas la société juridique (définition de l’Insee).
Une ETI, c’est souvent une holding et une dizaine de filiales, chacune avec son SIREN. Une société de 300 salariés qui appartient à un grand groupe n’est donc pas une ETI : elle fait partie de ce groupe.
C’est aussi pour cela qu’une liste de sociétés trie mal les ETI : parmi les sociétés de 50 M€ à 1,5 Md€ de chiffre d’affaires, quatre SIREN sur cinq sont des filiales, d’après les calculs d’Etilist. Etilist consolide chaque groupe : chiffre d’affaires consolidé, effectif du groupe, comité de direction du groupe.
Ce que change le statut d’ETI
Le statut d’ETI ne crée aucune obligation à lui seul : c’est une catégorie statistique. Mais une entreprise qui devient ETI n’est plus une PME : elle perd les aides et les taux réservés aux PME, et certaines obligations liées à la taille finissent par la concerner.
Ce qui change
- Les dispositifs réservés aux PME ne s’appliquent plus. Le crédit d’impôt innovation, par exemple, est réservé aux PME.
- Au sens européen, une ETI est une grande entreprise : les aides publiques qu’elle reçoit suivent les plafonds et les taux des grandes entreprises, plus bas que ceux des PME.
- Elle devient la cible des politiques en faveur des ETI et des programmes d’accompagnement de leur croissance, en France comme en Europe (voir ci-dessous).
Ce qui ne dépend pas du statut
- Les seuils sociaux (11, 50, 250 salariés…) se comptent dans chaque société employeuse, que le groupe soit une PME ou une ETI.
- Le rapport de durabilité (CSRD) ne concerne plus que les entreprises de plus de 1 000 salariés et de plus de 450 M€ de chiffre d’affaires, depuis la directive Omnibus I de février 2026 : seules les plus grandes ETI y entrent.
- Le devoir de vigilance européen (CS3D) vise les entreprises de plus de 5 000 salariés et 1,5 Md€ de chiffre d’affaires : au-delà des ETI.
Sources : ministère de l’Économie, aides et crédits d’impôt à l’innovation ; Commission européenne, recommandation 2003/361/CE (définition des PME) ; Deloitte Société d’Avocats, « La directive Omnibus CSRD / CS3D est publiée ».
La définition des ETI en Europe
L’Union européenne ne connaît pas la catégorie ETI : sa recommandation de 2003 définit les PME, et toute entreprise au-delà est une grande entreprise. Elle crée depuis 2025 une catégorie intermédiaire, les « small mid-caps », qui couvre une partie des ETI françaises.
| Catégorie | Effectif | Chiffre d’affaires | Total de bilan | |
|---|---|---|---|---|
| PME (UE, 2003) | moins de 250 | ≤ 50 M€ | ou | ≤ 43 M€ |
| Small mid-cap (Commission, 2025) | moins de 750 | ≤ 150 M€ | ou | ≤ 129 M€ |
| Small mid-cap (accord du 9 juin 2026) | moins de 1 000 | ≤ 200 M€ | ou | ≤ 172 M€ |
| ETI (France, 2008) | moins de 5 000 | ≤ 1,5 Md€ | ou | ≤ 2 Md€ |
La recommandation de la Commission du 21 mai 2025 définit les small mid-caps comme les entreprises qui ne sont pas des PME, avec moins de 750 salariés et au plus 150 M€ de chiffre d’affaires ou 129 M€ de bilan. Le Parlement européen et le Conseil se sont accordés le 9 juin 2026 sur des seuils plus larges pour leur étendre une partie des allègements des PME (paquet Omnibus IV).
Les plus petites ETI françaises, sous 200 M€ de chiffre d’affaires, seront donc des small mid-caps ; les plus grandes restent des grandes entreprises au sens européen. Hors de France, le terme « mid-cap » n’a pas de seuils communs : chaque banque ou chaque pays fixe les siens.
Sources : recommandation 2003/361/CE et recommandation (UE) 2025/1099 (EUR-Lex) ; Parlement européen, règles simplifiées pour les small mid-caps ; A&O Shearman, accord provisoire du 9 juin 2026.
Listes des ETI indépendantes par ville
Etilist publie la liste des ETI indépendantes de France, de Paris et de l’Île-de-France, et de Lyon et du Rhône, avec les plus grandes de chaque territoire. La base en compte 1 501 en novembre 2026 et s’enrichit au fil des vérifications.
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Questions fréquentes sur les ETI
Qu’est-ce qu’une ETI ?
Une entreprise de taille intermédiaire (ETI) se situe entre la PME et la grande entreprise. Elle emploie de 250 à 4 999 salariés, avec un chiffre d’affaires d’au plus 1,5 Md€ ou un total de bilan d’au plus 2 Md€. Une entreprise de moins de 250 salariés est aussi une ETI si son chiffre d’affaires dépasse 50 M€ et son bilan 43 M€.
Qu’est-ce qu’une ETI indépendante ?
C’est une ETI qui prend ses décisions elle-même : une tête de groupe, et non la filiale d’un groupe plus grand, français ou étranger. Elle peut être familiale, détenue par ses dirigeants, accompagnée par un fonds ou cotée sans actionnaire industriel de contrôle.
Quelle différence entre une PME, une ETI et une grande entreprise ?
Une PME emploie moins de 250 salariés, avec un chiffre d’affaires d’au plus 50 M€ ou un bilan d’au plus 43 M€. Une grande entreprise emploie au moins 5 000 salariés, ou dépasse 1,5 Md€ de chiffre d’affaires et 2 Md€ de bilan. L’ETI est entre les deux.
Pourquoi raisonner au niveau du groupe plutôt que du SIREN ?
Parce qu’une ETI, c’est souvent une holding et une dizaine de filiales, chacune avec son SIREN. Parmi les sociétés de 50 M€ à 1,5 Md€ de chiffre d’affaires, quatre SIREN sur cinq sont des filiales, d’après les calculs d’Etilist. Les seuils du décret s’appliquent d’ailleurs au groupe.
Combien y a-t-il d’ETI en France ?
L’Insee en dénombre 7 442 en 2023, contre 5 530 en 2019. Elles représentent 0,1 % des entreprises mais 26 % des salariés en équivalent temps plein, 26 % de la valeur ajoutée et 30 % du chiffre d’affaires à l’export. Etilist en a déjà référencé et vérifié 1 501 qui sont indépendantes, consolidées au niveau du groupe (novembre 2026) ; la base s’enrichit chaque mois.
Combien de temps faut-il pour devenir une ETI ?
21 ans en moyenne, d’après la cartographie du METI et de Mawenzi Partners (2021). Les ETI ont en moyenne 45 ans, et plus de 450 sont centenaires.
Les ETI changent-elles souvent ?
Oui. Selon France Stratégie, entre 6 % et 14 % des ETI sont chaque année de nouvelles entrantes, issues pour la plupart des PME, et entre 4 % et 11 % quittent la catégorie. Seules 68 % des ETI de 2022 l’étaient déjà en 2017.
Une entreprise de moins de 250 salariés peut-elle être une ETI ?
Oui, si elle n’est pas une PME : c’est le cas lorsque son chiffre d’affaires dépasse 50 M€ et que son total de bilan dépasse 43 M€. Une société de négoce de 150 salariés et de 120 M€ de chiffre d’affaires, avec un bilan de 60 M€, est une ETI.
Que veut dire ETI patrimoniale ou familiale ?
Une ETI patrimoniale est contrôlée par une famille ou par ses dirigeants, qui en détiennent la majorité du capital. C’est la forme la plus fréquente : d’après le METI, 52 % des ETI à capitaux français ont un actionnariat familial majoritaire. On parle d’ETI familiale quand la famille fondatrice garde le contrôle, souvent sur plusieurs générations.
Une ETI est-elle une PME au sens européen ?
Non. L’Union européenne ne connaît pas la catégorie ETI : sa recommandation 2003/361/CE définit les PME (moins de 250 salariés, 50 M€ de chiffre d’affaires ou 43 M€ de bilan), et une ETI y est une grande entreprise. Depuis 2025, l’UE crée une catégorie intermédiaire, les « small mid-caps » : moins de 750 salariés et 150 M€ de chiffre d’affaires dans la recommandation de la Commission, moins de 1 000 salariés et 200 M€ dans l’accord du Parlement et du Conseil du 9 juin 2026.
Quelles obligations pour une ETI ?
Le statut d’ETI ne crée pas d’obligation à lui seul : c’est une catégorie statistique. Une entreprise qui devient ETI perd en revanche les dispositifs réservés aux PME, comme le crédit d’impôt innovation. Le rapport de durabilité (CSRD) ne concerne, depuis la directive Omnibus I de 2026, que les entreprises de plus de 1 000 salariés et de plus de 450 M€ de chiffre d’affaires.
Où trouver la liste des ETI françaises ?
L’Insee publie des statistiques par catégorie d’entreprises, mais pas de liste nominative. Etilist publie la liste des plus grandes ETI indépendantes par territoire, et donne accès à l’ensemble de la base, avec le comité de direction de chaque groupe.
- Loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l’économie, article 51 (Légifrance)
- Décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008 relatif aux critères permettant de déterminer la catégorie d’appartenance d’une entreprise (Légifrance)
- Insee, « Catégorie d’entreprise », définition
- Insee, « L’essentiel sur… les entreprises », Chiffres-clés, données 2023
- Insee, « Panorama de l’appareil productif en 2023 », Insee Analyses n° 115, décembre 2025
- Insee, Les entreprises en France, fiches « Entreprises de taille intermédiaire », édition 2022 et édition 2023
- France Stratégie, « Les ETI, fer de lance de l’économie française », Note d’analyse n° 152, H. Ben Hassine et R. Fotso, avril 2025
- METI et Mawenzi Partners, Cartographie des ETI en France, janvier 2021
- Banque Palatine et METI, Baromètre du financement des ETI n° 21, octobre 2026
- Commission européenne, recommandation 2003/361/CE concernant la définition des micro, petites et moyennes entreprises, et recommandation (UE) 2025/1099 sur les petites entreprises à moyenne capitalisation (EUR-Lex)
- Parlement européen, « Simplified rules for small mid-cap companies », février 2026 ; A&O Shearman, accord provisoire sur Omnibus IV, juin 2026
- Ministère de l’Économie, « Innovation : quels sont les aides et crédits d’impôt existants ? »
- Deloitte Société d’Avocats, « La directive Omnibus CSRD / CS3D est publiée », février 2026
- Etilist, base des ETI indépendantes et des mouvements vérifiés, au 4 novembre 2026